Archives mensuelles : juillet 2011

Mort d’une des figures de l’intégrisme catholique : Otto de Habsbourg.

Né en 1912, Otto de Hasbourg, fils aîné de Charles 1er est mort ce 4 juillet en Bavière. Présenté comme un européen convaincu, il convainc surtout les partisans du catholiscisme.

L’archiduc s’est vanté d’avoir inspiré le drapeau européen. Lors d’une conférence à Budapest consacrée à Josémaria Escrivá, l’Archiduc avait déclaré : « Comme je lui demandais comment sauver l’âme de l’Europe, le père Escrivá m’a dit que l’Europe avait besoin de valeurs catholiques. Mais nos ennemis – tel le ministre des Affaires étrangères britannique, Anthony Eden, athée et diabolique – étaient contre l’utilisation de symboles chrétiens. » Otto de Habsbourg aurait alors proposé les douze étoiles comme « la couronne d’étoiles de la Vierge de Fatima ». Interrogée au sujet de ce fanfaronnage, la communication française de l’Opus Dei refuse de confirmer ou d’infirmer, mais semble perplexe.

Sympathisant déclaré de l’Opus Dei, Otto de Habsbourg a participé a de nombreux congrès et colloques intégristes. Il est de tous les comités de parrainages contre l’avortement. Comme en 1997 ou il soutenait l’implantation d’une filiale de Human Life international sur Paris. On le voit aussi au lancement de la Trêve de Dieu qui démarra les commandos anti-IVG en France.
En 1981, intervenant au Luxembourg il explique : « En me prononçant contre le présent rapport, je ne récuse pas les revendications justifiées des femmes, revendications que j’aurais aimé approuver. Mon vote est uniquement motivé par le fait que ce document contient un certain nombre de points de vues auxquels un européen chrétien ne saurait souscrire et qui ne s’appliquent pas non plus aux droits de la Femme. Il s’agit, en l’occurrence, de questions fondamentales qui n’ont rien à voir avec la politique et où il y va de la conscience de chacun. Car avorter – quoique l’on puisse dire hypocritement pour y trouver des excuses – c’est commettre un meurtre, c’est refuser le droit à la vie.(…) Or, qu’y a-t-il de plus faible qu’un tout petit enfant sans défense ? II est en tout cas plus désarmé que la mère qui veut avorter et, n’étant pas électeur, il ne peut ni faire entendre sa voix ni protester. Ce Parlement vit une heure tragique si le parti qui a toujours à la bouche le mot humanisme se prononce en bloc pour la peine de mort contre des enfants innocents, alors que, par ailleurs, il ne sait que faire pour réduire les peines justifiées prévues pour les voleurs et assassins et les auteurs de crimes sexuels.
L’Histoire montre que le progrès et le respect de la vie sont toujours allés de pair. C’est pourquoi, l’enseignement du Christ a permis à l’humanité, de faire les plus grands progrès ici-bas. La libéralisation de l’avortement dans de nombreux pays européens, constitue, par conséquent, un retour à la barbarie. Il existe certes, des cas médicaux dramatiques où le médecin, doit, dans l’esprit du serment d’Hippocrate, choisir entre deux maux. Mais au-delà de ces cas – et c’est ce dont il est question aujourd’hui – l’avortement est tout à fait condamnable d’un point de vue moral. II y a lieu de se demander si nous voulons une Europe humaine et chrétienne ou barbare et païenne, c’est-à-dire la fin de notre civilisation sans pareille ? En tout cas, je me refuse, pour ma part, à associer les droits et les devoirs des femmes auxquelles nous devons la vie, et dont la plus admirable fût la mère du Sauveur, à des conceptions qui préconisent le meurtre d’enfants innocents. Dans l’intérêt de nos femmes, je dis “non”.
On le rencontre aussi dans les couloirs de la fondation Guilé. Une fondation est née en 1997 au pays du secret bancaire, des amours d’un couple de cigarettiers suisses (les Burrus) et de La Légion.

Le 28 octobre 1993, il prend la parole lors d’une messe de requiem pour la mort de Marie-Antoinette.

Dès Mâtines, Bruno Gollnisch a envoyé un communiqué de presse à entête du FN déplorant la mort de l’archiduc. « UN DIGNE REPRESENTANT DE LA VRAIE CULTURE EUROPEENNE. Nos opinions divergeaient certainement sur la réalité de l’Union européenne, mais il était sincèrement attaché au véritable patrimoine spirituel, culturel et matériel des peuples d’Europe, ce qui nous rapprochait. Je conserve le souvenir de la grande dignité de cet héritier d’une illustre famille, de sa culture, de son affabilité et de la sympathie qu’il n’a pas manqué de témoigner en plusieurs occasions à mes collègues des Droites européennes comme à moi-même personnellement. »
Mais la relève est prête. Le jeune Georges de Habsbourg a été interviewé il y a quelques semaines. Ils s’agissait de se prononcer sur la nouvelle constitution hongroise (la plus liberticide depuis la chute du mur) il déclare : « Ce qui change vraiment est le préambule qui commence en demandant « que Dieu bénisse les Magyars » et également le fait que le nom officiel de notre pays soit désormais la « Hongrie » et non la « République de Hongrie », bien que celle-ci demeure une république. Je suis tout à fait pour. Tout le monde a dit que cela allait transformer la Hongrie en régime présidentiel et qu’il s’agissait d’une sorte de révolution mais en fin de compte pas du tout. Les références à Dieu c’est très bien, à la Sainte Couronne, très bien, à la morale, très bien. Cela ne posera pas le moindre problème pour ceux qui se nomment Chrétiens. (…) Je trouve cela très important de faire référence à Dieu. J’étais déjà très favorable à l’introduction de ses références dans la Constitution européenne et je suis heureux que les Hongrois aient fait ce choix. (…)’ – Certains jugent cette référence discriminatoire, qu’en pensez-vous ?’ Au contraire, la religion a un effet très positif. Un croyant a un très grand respect pour les autres ainsi que les autres religions. La Hongrie cherche seulement à affirmer ses traditions et son histoire qui ont un lien étroit avec la chrétienté. C’est un symbole de se référer à Dieu et de se baser sur des valeurs chrétiennes. » (Nouvelles de France, mai 2011)

Fiammetta Venner

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