Pas de plan de relance pour le Planning familial

En dimimuant de 42% les crédits du conseil conjugal et familial, l’Etat se risque à devoir payer une facture drôlement salée en termes de vivre-ensemble, de santé, de droits des femmes, de laïcité et même de déficit public.

On croyait tout connaître du libéralisme prédateur : démantelement du service public, précarisation des salariés… Le désengagement de l’Etat a un autre revers : faire un joli cadeau aux intégriste en cassant le dos de ceux qui se battent au quotidien pour le droit à l’éducation à la sexualité. Dans le plan de finance 2009, le budget alloué aux missions de conseil conjugal et familial va diminuer de 42 %. Autrement dit, l’Etat programme la suppression a court terme des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité.

Prévention des MST, lutte contre la violence entre garcons et filles, information sur le sida, sur la sexualité, prévention des grossesses adolescentes, contraception et IVG, toutes ses actions seront touchées. Et ce malgré l’article 1 de la Loi 73-639 qui oblige l’état à assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité, et la prévention pour toutes et tous. Pour le Planning familial, le manque à gagner sera terrible. C’est lui qui organise et coordone la plupart de ces programmes à destination de 450 000 personnes chaque année.

On devine l’argument. Faire des économies. Mais imagine-t-on ce que sera la société française sans ces programmes d’accompagnement ? Et ce que cela coûtera en termes de santé publique ? Qui déconseillera au jeunes d’avoir une relation sexuelle non protégée ? Les religieux, adeptes de l’abstinence ? Les Etats-Unis ont adhéré à la recette, avec l’explosion de grossesses adolescentes que l’on connait. Qui initiera à l’éducation sexuelle ? Les films pornos téléchargés sur internet ?

On aurait pu esperer que les Conseils régionaux (quasi tous de gauche) prennent le relais. L’année dernière, le conseil régional d’Ile de France lancait une campagne « Sexualité, Contraception, Avortement – un droit, mon choix, notre liberté » dans le métro parisien. Un succès. Des centaines de jeunes sont venus poser des questions. Mais, au moment de lancer la seconde campagne, du 20 au 29 janvier, les élus ont eu la surprise de constater qu’elle serait sans doute la dernière. Pendant un an, les provie se sont manifestés en nombre auprès du Président du conseil régional, Jean-Paul Huchon. Près de 10 000 personnes ont protesté contre le financement par de l’argent public, de la « campagne de mort » et envoyé des courriers massifs pour dissuader d’autres présidents de Conseils régionaux de suivre cet exemple. Avec un certain succès, puisque l’initiative francilienne n’a pas fait tache d’huile. Il aura fallu toute l’énergie d’élus regionaux autour de Francine Bavay, pour que la campagne soit reconduite. Sans la mobilisation du public, elle ne le sera pas l’an prochain.

C. Fourest et F. Venner

http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neuwirth/index.php

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